Prospérité et dépression du pays de Galles
Les mines du pays de Galles
Exploité pour les usages domestiques dès le 13e siècle, le charbon est devenu aux 18e et 19e siècles, dans le Sud, une grande industrie locale, alimentant Cardiff, Newport et Swansea en produits d'exportation par mer, procurant le travail à une main-d'œuvre que les industries métallurgiques, moins favorisées par la nature et vite sur le déclin, n'employaient plus suffisamment. C'est alors que le pays de Galles se peuple de hameaux et villages de mineurs, ou de villes étirées le long de ses étroites vallées. Au sud-ouest pourtant, dès le début du 20e siècle, la métallurgie de l'étain, du cuivre, et aussi la production d'acier ont contribué à redonner un souffle à une métallurgie ainsi spécialisée.
L'entre-deux-guerres intègre le pays de Galles dans l'ensemble des régions en crise permanente. On prend la mesure des conséquences catastrophiques du déclin du charbon et les mines, mal entretenues, entrent dans le cycle de la dégradation et de la baisse de la productivité ; les ports d'exportations voient fondre une ressource jusqu'alors essentielle ; la sidérurgie ne se porte pas mieux. L'aggravation de la crise, après 1929, entraîne un pourcentage inouï de chômeurs, 90 % à Rhondda, 75 % à Brynmawr, au moins 33 % en moyenne ; un demi-million de travailleurs doivent s'« exiler » à Londres et dans les Midlands, et les centres d'Ebbw Vale et de Rhondda perdent un cinquième de leurs habitants au cours des années 1930
Après la guerre, la nationalisation des mines, suivie d'une rationalisation et d'une modernisation, a redonné la vie à la production de charbon, cependant que l'essor des industries métallurgiques se poursuivait sur les sites d'Ebbw Vale, de Margam et de son prolongement portuaire de Port Talbot, de Llanevern près de Newport, et que l'on faisait à Milford Haven un grand terminal pétrolier. Une planification industrielle discrète semblait devoir favoriser une renaissance attestée par la création d'une ville nouvelle, Cwmbran, à 8 km de Newport. Mais la crise contemporaine des années 1970 et 1980 n'a pas épargné le pays de Galles, elle a scellé le déclin croissant du charbon, remis en doute le destin pétrolier, considérablement affaibli les espérances sidérurgiques, relancé le chômage : en mai 1984, dans sept des huit comtés gallois, il a dépassé 14 p. 100 de la population active, culminant à 17 p. 100 dans le Clwyd au nord-ouest, et à 16,8 p. 100 dans le Mid Glamorgan au sud. Le tissu urbain reflète les conditions du développement industriel et maritime, comme les errements de l'économie.
Cardiff, la capitale, et les ports gallois doivent leur développement à l'exportation de ce charbon vers d'autres régions du pays. Exploité à partir des vallées étroites de l'Ebbw, de la Taff et de la Tawe, ce bassin houiller, longtemps le premier de Grande-Bretagne, a été sauvé par la réorganisation des houillères, après la crise des années 1930. Aujourd'hui, la production se maintient à un niveau modeste : 20 millions de tonnes. Pour éviter le chômage, une unité sidérurgique moderne a été implantée à Ebbw Vale. Mais le fait caractéristique est la migration des industries vers le littoral : les ports exportateurs de charbon sont devenus importateurs de minerai de fer destiné à une métallurgie en plein essor (Port Talbot-Margam et Newport). L'implantation d'industries légères dans les zones frappées par la fermeture des puits de mines a permis de fixer une partie de la population de l'intérieur. Cette diversification a été facilitée par le repli des industries vers le pays de Galles, pendant la Seconde Guerre mondiale.




